UNCLE KENDI vs ROBERTO COLAS : DE LA MENDICITÉ NUMÉRIQUE Á L´ARROGANCE PUBLIQUE ...
- 06/05/2026
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Kenley JÉRÔME, mieux connu sous le sobriquet d’UNCLE KENDJI, symbolise à lui seul une figure devenue banale mais très inquiétante de notre époque, celle d’un homme fabriqué par le bruit, nourri par l’attention des autres et propulsé par la médiocrité des foules numériques sans de véritables fondations par les logiques virales des réseaux sociaux de TikTok, Facebook et de YouTube. Une ascension rapide, sans aucune profondeur, qui finit par produire une illusion dangereuse d'un individu hautain qui croit que la visibilité équivaut à la légitimité.
C’est dans cette confusion qu’il faut comprendre son attaque contre le comédien haïtien Roberto COLAS, alias KASAYÒL, aujourd’hui malade aux États-Unis d’Amérique. Un artiste dont la contribution repose sur le rire, sur un lien sincère avec le peuple haitien, et sur une présence culturelle construite dans le temps avec respect et dignité. S’en prendre à lui dans un moment de vulnérabilité très fragile n’a rien d’un acte courageux. C’est un geste brutal, révélateur d’une perte de repères et du respect de la dignité humaine.
Car il y a encore peu de temps, UNCLE KENDJI occupait une position bien différente. Il sollicitait, quémandait et insistait sur les plateformes numériques. Il faisait appel à la générosité d’un public naïf qu’il savait réactif, parfois fragile, et souvent bienveillant. Il dépendait de cette attention. Aujourd’hui, il adopte une posture inverse avec une arrogance de juge et surtout méprisante comme si cette même attention lui avait conféré une autorité morale et surtout comme si recevoir des autres lui suffisait à devenir supérieur.
Ce renversement est au cœur d’un phénomène plus large avec une génération numérique qui émerge sans aucune mémoire solide, sans aucun ancrage et dépourvu de continuité. Des figures sans aucune profondeur apparaissent, gagnent en visibilité, puis se prennent pour des références, des modèles et des repères. Des rois sans royaume et des juges sans légitimité, portés par des foules instables, guidées par l’émotion, la futilité, et la facilité plus que par la réflexion et des analyses profondes.
Dans cette arène digitale devenue une jungle, la valeur et le sérieux sont remplacés par la visibilité et la médiocrité. Ce qui circule sur la toile devient important, ce qui choque devient pertinent et l’arrogance se confond avec la force. Et l’on oublie très rapidement que derrière chaque exposition et chaque visibilité se cache une dépendance, celle au regard des autres.
L’attaque d'UNCLE KENDJI contre Roberto COLAS révèle ainsi plus qu’un simple manque de respect et de compassion. Elle montre une incapacité à reconnaître la fragilité humaine, mais aussi une forme d’amnésie personnelle. Car celui qui oublie qu’il a lui-même dépendu du soutien collectif finit par mépriser ce même principe chez les autres. Et c’est là que la rupture devient très choquante.
Mais il serait trop simple de ne regarder uniquement que l’individu. À ce stade, le public digital joue aussi un rôle prépondérant et capital dans cette dérive. Ce public numérique, capable d’élever en quelques clics et de détruire avec la même facilité. Cette foule qui donne, partage et soutient… puis se détourne dès que l’intérêt disparaît. Elle fabrique des figures publiques, puis les abandonne, laissant derrière elle des identités déformées, vides, sans ancrage et sans profondeur par leur propre exposition.
Ce que montre cette situation, c’est une époque où le bruit remplace le fond, et le spectacle remplace la dignité. Nous sommes à une époque où certains confondent la popularité et la crédibilité, l'attention et le pouvoir. Où l’on peut passer de la dépendance à l’arrogance en un instant, sans jamais construire quoi que ce soit de solide.
S’attaquer à Roberto COLAS, un homme affaibli par la maladie, loin de son public, n’est pas une preuve de franchise ou encore un acte de force ou de courage. C’est une faute morale et une démonstration d’insensibilité humaine dans un espace déjà saturé de superficialité et d'illusion.
Et au-delà des personnes, c’est toute une époque qui se dévoile où l’attention devient une drogue, l’image remplace la réalité, et certains finissent par croire qu’ils dominent un système qui, en réalité, les utilise et les remplacera sans hésitation.
Dans ce théâtre numérique, certains se croient être rois. Mais en réalité, les internautes, eux, n’ont pas de loyauté. Et quand ils détournent le regard, il ne reste plus rien.
Amos CINCIR
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